Un Dieu qui se révèle – Oeuvre n°5

Poisson à la croix, symbole de Jésus Christ

Décor d’architecte funéraire

(Région de Louxor, Egypte, 400-500 après J-C)

Poisson à la croix

« Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts (…). Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons. (…) Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. »

(Deuxième lettre de Saint Paul Apôtre à Timothée 2,8a.11b-12a.13)

ENTREE

Nous sommes dans les débuts de l’art chrétien. Ce relief provient d’un décor d’architecture funéraire de la région de Louxor en Égypte. Sculpté dans la pierre calcaire, il représente deux symboles, la croix et le poisson qui, tous deux associés, marquent alors l’appartenance chrétienne.

LECTURE DE L’OEUVRE

Dans ce relief, le poisson de taille importante dessine une belle courbe qui semble enlacer le pied de la croix. Ces deux signes laissent percevoir l’influence de l’ancienne Égypte dans la nouveauté chrétienne. On trouve le poisson dans le symbolisme païen des égyptiens qui vouaient un culte au fleuve Nil, source de vie. Certains poissons y proliférant étaient considérés comme symbole de régénération et de fécondité. La croix, en partie dissimulée par le poisson, présente une

certaine ressemblance avec le ânkh, la croix de vie qui, dans l’Égypte ancienne, symbolisait la vie et l’éternité.

Par ailleurs, nous savons que les premiers chrétiens d’Égypte et de Rome, surtout au temps de leur clandestinité, arboraient le signe du poisson, mot qui se traduit ichtus en grec. Ils témoignaient de leur appartenance à la personne de Jésus-Christ. En effet, ils eurent tôt fait de remarquer que chacune des lettres de ce mot était l’initiale du nom de leur Sauveur : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur.

Dans la Bible, cette figure pourrait aussi renvoyer au prophète Jonas : malgré sa fuite et son infidélité, Dieu, dans sa bienveillance, ne l’avait pas abandonné. Il lui avait envoyé du secours sous la forme d’un grand poisson.

C’est un Jonas transformé, libéré de ses peurs, plein d’audace qui était ressorti de son aventure après trois jours passés dans le ventre de l’animal. Le poisson de Jonas anticipe la mort et la résurrection de Jésus.

ECHO SPIRITUEL

Cette sculpture associe étroitement le nom du Sauveur au symbole de la croix : par sa mort et sa résurrection, Jésus-Christ ouvre à tout homme l’accès à la vie divine. Pour un défunt ou pour un vivant, appartenir au Christ, c’est être attaché à sa personne et passer avec lui de la mort à la vraie vie. Pour moi, aujourd’hui, ne serait-ce pas de laisser la vie et l’amour de Dieu m’investir davantage ? Est-ce que j’accueille en moi ce désir d’appartenir au Christ ?

D’UNE OEUVRE A L’AUTRE

Approfondissons ce langage de la croix. Il recèle un mystère étonnant de nouveauté. Pour le découvrir, rejoignons les maîtres de l’émaillerie de la France de la fin du XIIe siècle.

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