Un homme qui se découvre – Oeuvre n°3

Fragments de stèle(s) inscrits en signes cunéiformes :

Extraits du code du roi Hammurabi de Babylone (1792-1750 avant J.-C.)

Vers 1750 avant J.-C., Babylone, Mésopotamie, Iraq actuel

Extraits du code du roi Hammourabi
« Maintenant, Israël, écoute les décrets et les ordonnances que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez, pour en prendre possession,

dans le pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. »

(Livre du Deutéronome 4, 1)

 

ENTRÉE

La première grande époque babylonienne s’étend sur trois siècles (1880-1595 av. J.-C.). De son apogée, nous conservons le souvenir du roi Hammourabi, au pouvoir de 1792 à 1750.

Vers la fin de son règne exceptionnellement long, ce dernier fit inscrire sur des stèles un recueil de ses sentences, plus connu sous le nom de Code d’Hammourabi. Il s’y présente comme le roi de justice, celui qui sait imiter les dieux, en particulier Shamash, le dieu solaire, dans leur oeuvre judiciaire. Le recueil présente ainsi la sagesse d’Hammourabi comme ce qui vaut à son peuple de connaître tant de bienfaits et de prospérité.

Rendre la justice selon la volonté des dieux, voilà le summum de la qualité d’un roi. Hammourabi restera le modèle pour tous les rois babyloniens à venir.

Le Code d’Hammourabi influença les traditions juridiques du Moyen-Orient durant 1500 ans, y compris les lois bibliques.

LECTURE DE L’OEUVRE

Voici quelques fragments de ces stèles que le roi Hammourabi avait fait installer dans toutes les cités de son immense royaume, afin de perpétuer le souvenir de sa légendaire justice.

Avant qu’on ne découvre en 1902 une stèle pratiquement intacte, seuls ces fragments nous permettaient d’avoir une connaissance incomplète de ce texte qui a tant marqué le Moyen-Orient antique. Sans l’attention avisée des archéologues, ces morceaux de pierre seraient passés inaperçus. Mais collectés et mis ensemble, ils ont permis petit à petit de soulever le voile sur cette origine lointaine de notre droit collectif. En effet, nous connaissons toujours certains principes du Code d’Hammourabi, souvent à travers la transmission qu’en a faite la Bible. Ainsi la célèbre Loi du Talion : « Si un homme libre a crevé l’œil d’un autre homme libre, on lui crèvera l’œil. S’il a brisé un os d’un homme libre, on lui brisera l’os » (n°196-197).

Elle vise à établir une juste proportion entre la faute commise et la peine infligée, en évitant à la fois la surenchère de la vengeance, mais aussi l’inégalité entre pauvres et riches quand il s’agissait de dédommager financièrement les victimes. On la retrouve à 3 reprises dans la Torah juive, et Jésus la résume dans l’Évangile selon Saint-Matthieu sous la forme simplifiée : « Œil pour œil, dent pour dent » (Mt 5, 38).

ECHO SPIRITUEL

La plus ancienne tradition nous rappelle cette conviction fondamentale : le bonheur d’un peuple tient entre autres, dans la justice de ses lois. C’est en partie pour cela que, dans la Bible, Dieu donne la Loi et enseigne son peuple à la mettre en pratique avant de lui donner d’entrer dans la terre promise.

Jésus ne rejette pas la sagesse de la Loi juive : n’est-elle pas une relecture, dans la foi, des lois de l’Orient ancien ? Mais il invite à aller plus loin que la Loi, en vue d’habiter un pays sans frontière ni drapeau, celui du règne de l’amour de Dieu : oser vivre quotidiennement la démesure de cet amour divin…

D’UNE OEUVRE A L’AUTRE

Le règne de Dieu prend-il les formes des royaumes humains ? Méditons cela devant un magnifique archer du roi Darius, empereur des perses.

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