Un homme qui se découvre – Oeuvre n°5

Athlète tenant un disque

Copie romaine d’un Discophore en bronze

(D’après Naucydès,, (né dans le Péloponnèse, Grèce; actif vers 400-390 avant J-C), vers 130-150 après J-C)

Discobole

« Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence mais le Seigneur regarde le cœur. »

(Premier Livre de Samuel 16,7)

 

ENTRÉE

Cette sculpture romaine en marbre du IIe s. reproduit un original en bronze, aujourd’hui perdu, de Naucydès (IVe siècle av. J.-C.). Il représente le thème du porteur de disque (Discophore). Naucydès est fidèle à l’enseignement de son maître Polyclète d’Argos, sculpteur bronzier. Dans un ouvrage intitulé Le Canon, Polyclète précise les rapports arithmétiques définissant la beauté du corps. À travers la statue, l’artiste cherche à dépasser les caractéristiques individuelles, particulières, momentanées, pour atteindre l’«idée» du corps humain. Dans la philosophie grecque, l’« idée » est l’essence même de la réalité.

LECTURE DE L’OEUVRE

On ne peut qu’être frappé par la maîtrise technique de l’artiste capable de reproduire aussi parfaitement le corps humain. Les muscles, les proportions, chaque partie de l’anatomie est rendue de façon juste, réaliste. Et pourtant à aucun moment nous ne nous posons la question de savoir qui est cet homme. Il est tellement parfait que, paradoxalement, nous n’imaginons pas qu’il ait existé. D’ailleurs, comment un corps réel pourrait-il rendre compte de l’« idée » de l’homme ? Car un corps réel a toujours des défauts par rapport à l’idéal, des imperfections, des particularités qui le différencient des autres. Rien de tout cela ici. Juste l’« idée »…

Pourtant, regardons les orteils du pied droit, crispés. Le déhanchement aussi est différent de celui des statues de Polyclète : la stabilité de l’athlète semble fragile, temporaire. Il s’apprête à lancer. Il y a comme un début d’incarnation : l’« idée » atemporelle entre dans le temps, une histoire commence…

Pour la Bible, l’être humain n’est pas non plus une réalité matérialiste : il a une dimension spirituelle, au point qu’elle le déclare créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais les auteurs bibliques refusent de voir en lui une abstraction que la matière emprisonnerait.

C’est l’unité du corps et de l’âme qui constitue chaque personne humaine : être unique, libre, capable de langage et de relation, en construction de soi… Si la mort semble détruire cette unité, nous croyons que Dieu la restaure à la résurrection.

ECHO SPIRITUEL

Notre corps est digne de respect et ne doit pas être méprisé. Mais notre société contemporaine lui voue un véritable culte. Elle pense souvent que la vérité de la personne s’affirme dans l’harmonie de sa forme, à tel point que beaucoup s’enferment dans cette quête d’une beauté qui nous réduit à l’apparence. Ai-je déjà ressenti combien c’est une illusion qui nous rend insatisfait et malheureux ?

Avec le Christ, la beauté est inséparable de la bonté et de la vérité. La beauté du corps vient de sa capacité à exprimer la générosité de la personne, son désir de se donner. Sa beauté véritable n’est perceptible que dans le regard de Dieu qui voit, dans un égal amour pour tous, la personne se construire au long d’une histoire, à travers chutes et réconciliations. Si j’essayais, à mon tour, d’apprendre à regarder les autres et moi-même à la manière du Christ ?

D’UNE OEUVRE A L’AUTRE

Beaucoup d’hommes et de femmes cherchent à être témoins de cette manière d’être du Christ. Faisons un bond dans le temps de plus de mille ans pour les rejoindre, dans une église bourguignonne du XVe s

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