Archer de la garde royale du roi Darius Ier

Fragment du décor du palais du roi perse Darius Ier :

Archer de la garde royale

Suse, Iran actuel, vers 500 avant J.-C.

Archer du roi Darius Ier

 

« Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune.

Ce roi fera disparaître d’Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ;

il brisera l’arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. »

(Livre de Zacharie 9, 9-10)

 

ENTRÉE

Darius accède au pouvoir en 522. Il s’impose comme « le Grand roi, Roi des rois, le Roi des peuples ». Il appuie son pouvoir politique sur une religion réformée au siècle précédent par le prophète Zarathoustra : le mazdéisme.

L’élite de son armée constitue une garde royale de dix mille hommes désignés sous le nom d’Immortels. Est-ce l’un d’entre eux qui est représenté ici ?

LECTURE DE L’OEUVRE

Cet archer majestueux est une unité qui prenait place au milieu d’une immense armée d’archers identiques, sorte de procession couvrant les murs extérieurs du palais royal. Faisons un travail d’imagination et reproduisons par la pensée ces frises sur plusieurs niveaux, courant sur des centaines de mètres autour de la résidence. Quelle impression voulait créer Darius dans l’esprit de son peuple et des visiteurs venant le voir depuis toutes les régions de son vaste empire ? Sans doute sa toute-puissance qu’il reçoit du plus grand des dieux, Ahura-Mazda, le créateur de l’univers, la lumière qui inonde le monde. C’est d’ailleurs cette lumière qui luit sur la glaçure des briques, donnant encore plus d’éclat aux couleurs chatoyantes des costumes des soldats.

Car il ne s’agit pas d’une armée en situation de bataille. Ils défilent lentement en vêtements d’apparat, la barbe et la coiffure soignées, le regard fixé vers l’avant, les mains tenant fermement la lance : la parade militaire semble parfaitement maîtrisée. Elle devient l’expression du pouvoir royal, lui-même émanation de la puissance divine : rien ne peut perturber sa marche implacable…

Le prophète Isaïe évoque la libération des exilés israélites à Babylone par la puissance perse comme faisant partie du projet de Dieu. Mais il ne manque pas d’aplomb : pour lui, l’objectif final de Dieu n’est pas la gloire perse, contrairement aux apparences, mais le salut de ce petit peuple d’Israël, insignifiant au regard de la géopolitique du temps. Dans l’expérience biblique, le salut universel passe par le salut du plus petit.

ECHO SPIRITUEL

La Bible utilise abondamment le vocabulaire des empires humains : gloire, puissance, royauté… Après tout, nous y sommes spontanément sensibles, et combien parmi nous pensent se donner plus de vie en côtoyant les grands de ce monde, en occupant ne serait-ce qu’un instant les feux des projecteurs, en cherchant par tous les moyens à augmenter leur pouvoir sur les autres.

Mais peu à peu, la foi biblique détourne ces termes et renverse complètement les valeurs : la plus grande force, c’est celle qui pardonne ; le plus grand amour c’est le don de soi ; le préféré de Dieu c’est le plus marginal ou le plus impuissant des êtres humains. De cette royauté à l’envers naît un monde nouveau, plus humain parce que plus divin. Qui veut tenter l’aventure ?

 

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