Saint Sébastien

parcours b oeuvre n°08 - saint sébastien le pérugin(Le Pérugin, vers 1490-1500)

« À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. »

(Deuxième Lettre de saint Paul aux Corinthiens 4, 8-10)

 

 

ENTRÉE

Saint Sébastien naît vers 250 à Narbonne dans une famille chrétienne. Vers 283, il s’engage dans l’armée romaine. Il convertit, vient en aide aux chrétiens persécutés et porte secours aux martyrs dans leurs prisons. Exhorté à abjurer sa foi, il refuse. Aussi, l’empereur Dioclétien le condamne à mort et le livre aux archers de sa cohorte. Laissé pour mort, le corps criblé de flèches, il est recueilli par sainte Irène, une veuve qui le soigne. Une fois guéri, il interpelle l’empereur et lui reproche sa cruauté. Celui-ci ordonne qu’on le conduise dans un cirque où il meurt, roué de coups de bâtons.

Le Pérugin (1445-1523) traita à plusieurs reprises, le thème de Saint Sébastien. Nous sommes à l’apogée de la Renaissance.

LECTURE DE L’OEUVRE

125 st sebastien - perugin - teteBien que ce tableau représente un martyr, il nous éblouit par son harmonie et sa luminosité. Le saint est au premier plan, la tête et les yeux vers le ciel, dans une élégante pose, inspirée des statues antiques. Ses mains sont attachées derrière lui à une colonne. Il n’est transpercé que de deux flèches qui ne font pas couler le sang.

Il est situé sur une terrasse s’ouvrant sur un beau paysage, décor caractéristique de la Renaissance. Les bases abîmées d’un arc et d’un pilier, sur la gauche, évoquent la chute du monde païen. Sur la tranche du sol, nous apercevons une inscription latine tirée du verset 3 du Psaume 37 : « Tes flèches se sont abattues sur moi. »

Ses pieds, dont l’un touche à peine le sol, ce long corps qui s’élance vers le haut, ces yeux contemplant le ciel et cette délicate auréole à peine esquissée n’évoquent-ils pas la paix d’une victoire plutôt que la souffrance d’un martyr transpercé de flèches ? Où Le Pérugin veut-il nous conduire ?

ECHO SPIRITUEL

Les yeux de saint Sébastien tournés vers le ciel nous orientent vers l’au-delà. L’expérience de la rencontre avec le Christ transforme et illumine toute son existence. Une joie et une paix le transfigurent dans un nouvel état de vie, déjà commencé ici-bas. Voilà pourquoi il n’y a plus rien de dramatique ni de violent dans ce tableau. Tout est paisible après les souffrances courageusement supportées. Nous rejoignons le témoignage de tant de croyants qui ont dû subir des persécutions à cause de leur foi en Jésus-Christ mort et ressuscité au matin de Pâques.

Dans ma propre existence, je ne cherche pas la souffrance. Mais je suis amené à la rencontrer, malgré moi ou parce que je la préfère à la lâcheté. Sans en atténuer le scandale, ma communion au Christ et ma foi dans sa victoire sur la mort, me font déjà expérimenter ma propre victoire : l’angoisse laisse place à la force d’une autre vie que rien ne peut m’enlever.