Sekhmet

31 sekhmet - karnak 2

 

Déesse-lionne régnant sur les forces dangereuses

Karnak, Egypte vers 1400-1350 avant J.-C. 

 

« Puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que les Égyptiens font peser sur eux, va, maintenant ; je t’envoie vers le Pharaon, fais sortir d’Égypte mon peuple (…). »

(Livre de l’Exode 3, 9-10)

 

 

ENTRÉE

Pour garantir l’harmonie naturelle, sociale et politique de son pays, Aménophis III faisait pratiquer quotidiennement des rites devant les deux séries de 365 statues de Sekhmet assise en souveraine. La déesse-lionne était l’instrument du châtiment divin. Il fallait donc pouvoir l’apaiser pour que sa puissance soit retenue en faveur du bon équilibre de l’univers.

LECTURE DE L’OEUVRE

Cette statue exprime la force, mais dans un aspect rassurant, au service de l’harmonie. Sekhmet porte le disque solaire Aton, qui exprime son lien au dieu créateur. Sur son front se dresse le cobra – l’uræus – la marque de la royauté cosmique du dieu soleil, qui est confiée sur terre au pharaon. Les deux mains sont posées sur les jambes dans une pose solennelle tout en équilibre et en contrôle. Dans la main gauche, Sekhmet tient l’ânkh, sorte de croix ansée, signe de la vie.

La Bible raconte comment Moïse dérègle le bel ordonnancement égyptien et déchaîne les fléaux (Exode 7 à 11). La royauté du Dieu d’Israël met en évidence l’impuissance des rites et magies de l’Égypte pharaonique. Elle dévoile la face sombre de cette apparente harmonie : l’injustice et l’oppression que les forts font peser sur les petits.

 

ECHO SPIRITUEL

Regardons cette lionne paisible. Nous pouvons percevoir son ambivalence. Ce chat ronronnant peut soudainement se transformer en fauve sanguinaire. Parfois derrière l’apparence civilisée et policée d’une société peuvent se cacher des germes de violence que l’on refuse de regarder en face.

Je connais la peur du chaos et du dérèglement de mon univers, personnel ou collectif. Pour préserver la tranquillité de mon petit monde, je suis souvent prêt à marcher sur les plus beaux principes de fraternité ou de justice ! Au lieu de m’inviter à changer ma manière de vivre, ces peurs risquent de m’endurcir le cœur. Faut-il donc la catastrophe pour m’ouvrir les yeux et découvrir que la source du chaos, c’est le mal qui me piège intérieurement par la peur et me fait basculer dans l’injustice ?

La véritable harmonie, dans la foi biblique, passe par la conversion des cœurs. Si Dieu nous libère, c’est pour vivre autrement. Et si cela m’effraie, il m’invite à relire ma vie et à me rappeler qu’il m’a toujours ouvert un avenir quand je le lui ai demandé.